← Retour au blog

quel pourcentage d’augmentation demander

Augmentation de salaire 2027 : quel pourcentage demander et sur quels chiffres s’appuyer

Quel pourcentage d’augmentation demander pour 2027 en France : budgets d’entreprise, inflation INSEE, salaires DARES, calendrier des NAO et phrases à dire.

PayScope12 min

Réponse rapide

  • Les entreprises françaises ont attribué une augmentation médiane de 3,0 % en 2026 et anticipent le même niveau pour 2027 (enquête WTW de juillet 2026).
  • Les prix à la consommation progressent de 2,4 % sur un an en août 2026 selon l’estimation provisoire de l’INSEE : en dessous de ce chiffre, votre pouvoir d’achat baisse.
  • Une demande de rattrapage se situe entre 3 et 4 % ; un repositionnement marché ou un élargissement de périmètre se défend entre 6 et 12 %, à condition de le prouver.
  • L’enveloppe d’augmentation se décide avant votre entretien : la bonne fenêtre est l’automne, pas le printemps. Voir préparer son entretien annuel.

Le repère de l’automne 2026 : une enveloppe autour de 3 %

Avant de choisir un pourcentage, il faut connaître le cadre dans lequel votre manager négocie. Selon l’enquête Salary Budget Planning de WTW publiée en juillet 2026, les entreprises françaises ont finalement attribué une augmentation médiane de 3,0 % en 2026, et elles anticipent le même niveau pour 2027. Autrement dit : votre entreprise raisonne probablement avec une enveloppe globale proche de 3 %, répartie de façon inégale entre les salariés.

Ce chiffre est le plus utile de tous, parce qu’il explique une chose que peu de salariés anticipent : une augmentation « moyenne » n’existe pas dans les faits. Une enveloppe de 3 % signifie que certaines personnes obtiennent 0 %, d’autres 2 %, et une minorité 6 ou 8 %. La question n’est donc pas « combien l’entreprise donne-t-elle ? », mais « qu’est-ce qui fait basculer quelqu’un dans le haut de la répartition ? ».

Deuxième repère, du côté des prix : selon l’estimation provisoire de l’INSEE pour août 2026, les prix à la consommation augmentent de 2,4 % sur un an. Une augmentation inférieure à ce chiffre se traduit par une perte de pouvoir d’achat, même quand elle est présentée comme un geste. C’est le seuil en dessous duquel vous avez un argument factuel pour dire que la proposition ne vous maintient pas à niveau.

Troisième repère, celui que les entreprises regardent : la DARES mesure une progression du salaire mensuel de base de 1,9 % sur un an au deuxième trimestre 2026 dans le secteur privé, et de 1,8 % pour les cadres. Les salaires réellement versés progressent donc moins vite que les prix. Ce décalage est le fond de décor de toutes les négociations de cet automne, et il n’est pas de votre fait : le dire calmement, chiffres à l’appui, n’est pas une plainte, c’est un constat public.

Quel pourcentage demander selon votre situation

Un pourcentage ne se choisit pas dans l’absolu : il dépend de ce que vous demandez réellement. Trois demandes très différentes se cachent derrière le mot « augmentation », et confondre les trois est la première cause de refus. Voici comment les séparer, avec la fourchette basse, la fourchette cible et la fourchette haute correspondantes.

1. Le rattrapage : 3 à 4 %

Votre poste n’a pas changé, vos résultats sont solides, vous voulez simplement ne pas reculer. Votre fourchette basse est l’inflation constatée (2,4 % sur un an en août 2026), votre cible se situe légèrement au-dessus, entre 3 et 4 %, pour intégrer votre progression de compétence sur l’année. Au-delà de 4 % sans changement de périmètre, la demande sort de la logique de rattrapage et doit être justifiée autrement.

Formulation utile : « Sur les douze derniers mois, les prix ont progressé de 2,4 % et les salaires de base d’environ 1,9 % dans le privé. Ma demande à 3,5 % correspond à un maintien de niveau plus ma progression sur le périmètre actuel. »

2. Le repositionnement marché : 6 à 12 %

Vous êtes payé en dessous du marché pour votre poste, souvent parce que votre salaire a été fixé à l’embauche il y a plusieurs années et n’a suivi que des augmentations générales. Ici, le pourcentage n’a plus d’importance : c’est l’écart au marché qui porte la demande. Vous ne demandez pas « une augmentation de 9 % », vous demandez à être repositionné à un niveau, et 9 % est simplement la conséquence arithmétique.

Ce cas exige de savoir où se situe votre poste sur le marché avant d’ouvrir la bouche. Notre guide connaître sa valeur marché détaille la méthode, et la grille de salaire par métier et par expérience donne les repères par famille de poste. Sans cette étape, la demande devient une opinion, et une opinion se refuse sans coût.

3. Le changement de périmètre ou la promotion : 8 à 15 %

Vous encadrez désormais deux personnes, vous avez repris un portefeuille, vous portez un projet critique ou vous avez absorbé le travail d’un poste non remplacé. Ce n’est plus une augmentation, c’est une révision de niveau. Les écarts entre deux niveaux de responsabilité dans une même grille se situent le plus souvent entre 8 et 15 %, et c’est cette logique qu’il faut nommer explicitement : « mon périmètre correspond aujourd’hui au niveau supérieur de la grille, je demande à y être positionné ».

Attention à un piège fréquent : accepter le titre sans le salaire, avec la promesse d’un ajustement « au prochain point ». Demandez la date d’effet en même temps que l’accord de principe. Un accord sans date n’est pas un accord.

Quand demander : le calendrier réel des décisions

La plupart des salariés demandent leur augmentation au moment de leur entretien annuel, c’est-à-dire souvent en début d’année civile. C’est presque toujours trop tard : à cette date, l’enveloppe est déjà répartie et votre manager ne fait que vous annoncer une décision prise ailleurs.

Dans les entreprises pourvues d’un délégué syndical, le code du travail impose une négociation annuelle sur les salaires effectifs — ce sont les NAO, encadrées par les articles L. 2242-1 et suivants du code du travail et détaillées par le ministère du Travail. Ces négociations portent sur l’enveloppe collective, pas sur votre cas personnel, mais elles fixent le cadre à l’intérieur duquel votre manager pourra ou non vous augmenter.

Conséquence pratique : la bonne fenêtre pour poser votre demande est l’automne, avant l’arbitrage budgétaire, soit typiquement entre fin septembre et fin novembre. Le message n’est pas encore une négociation, c’est un signal : « je souhaite qu’un repositionnement de ma rémunération soit examiné dans le cadre des décisions de l’année prochaine, voici sur quoi je m’appuie ». Votre manager peut alors défendre votre cas au moment où il a encore une marge. En février, il n’en a plus.

Si votre entreprise n’a pas de délégué syndical et donc pas de NAO, la logique reste la même : les budgets se construisent avant l’exercice, pas pendant. Demandez à votre manager à quel moment les décisions salariales se prennent chez vous, et calez-vous dessus. Cette seule question vous place déjà dans une autre catégorie de demandeur.

Le levier nouveau pour 2027 : la transparence salariale

Un élément a changé la semaine dernière et va peser sur les discussions de 2027. Le 10 septembre 2026, le gouvernement a présenté en conseil des ministres un projet de loi transposant la directive européenne sur la transparence des rémunérations, immédiatement déposé au Sénat en procédure accélérée, comme le documente le dossier de Vie publique. Le délai européen de transposition, fixé au 7 juin 2026, est dépassé.

Important : à ce jour, ce texte n’est pas encore voté et aucune date de promulgation n’est arrêtée. Ce n’est donc pas un droit que vous pouvez invoquer aujourd’hui. Mais son contenu est public, et il annonce trois changements qui touchent directement la négociation : l’information du candidat sur la fourchette de rémunération du poste, l’interdiction pour l’employeur de demander au candidat son salaire actuel ou passé, et un droit annuel du salarié à connaître les niveaux moyens de rémunération, par sexe, des personnes occupant un travail identique ou de valeur égale.

Ce que cela change dès maintenant, en pratique : les entreprises préparent ces obligations et savent que leurs écarts devront bientôt être expliqués par des critères objectifs. Poser la question « sur quels critères ma rémunération est-elle positionnée par rapport à ma catégorie ? » n’est plus une question déplacée, c’est une question que votre employeur devra bientôt savoir traiter. Nous détaillons le texte, les seuils d’effectif et les indicateurs prévus dans notre guide sur la transparence salariale et ce qui change en France, mis à jour à chaque étape parlementaire.

Les chiffres à citer, et ceux qui vous affaiblissent

Un chiffre n’a de valeur en négociation que si votre interlocuteur peut le vérifier. Trois sources sont difficiles à écarter dans une discussion française : l’INSEE pour les prix et le Smic, la DARES pour l’évolution des salaires de base, et l’APEC pour les rémunérations de cadres. Citer la source en une demi-phrase suffit : « d’après la DARES, les salaires de base ont progressé de 1,9 % sur un an ».

Le baromètre 2025 de la rémunération des cadres de l’APEC apporte deux chiffres particulièrement utiles : une rémunération annuelle brute médiane de 55 000 € pour les cadres en juin 2025, et surtout 53 % de cadres augmentés sur l’année, soit sept points de moins que l’année précédente. Ce second chiffre vous dit qu’être augmenté n’est pas automatique, et qu’une demande formulée est un vrai facteur de différenciation.

À l’inverse, deux catégories de chiffres jouent contre vous. Les moyennes de sites de comparaison sans méthode publiée : votre manager les écartera d’une phrase, et il aura raison. Et vos propres charges personnelles — loyer, crédit, garde d’enfants — qui déplacent la discussion sur un terrain où l’entreprise n’a aucun repère et où votre demande devient une demande d’aide plutôt qu’une question de valeur de poste.

Le Smic, lui, sert de repère de bas de marché : il est passé à 12,31 € brut de l’heure, soit 1 867,02 € brut par mois, lors de la revalorisation du 1er juin 2026, déclenchée par le seuil légal d’inflation (données INSEE). C’est un point de comparaison utile si votre rémunération s’en rapproche, notamment pour les postes en début de grille où la progression du Smic comprime les écarts.

Trois réponses aux objections qui viendront

Le pourcentage n’est que la moitié du travail. L’autre moitié, c’est ce que vous répondez quand la première réaction est négative — et elle le sera souvent, parce que dire non est le réflexe par défaut face à une demande salariale.

« L’enveloppe est déjà fermée. » Réponse : « Je comprends, et c’est justement pour cela que je vous en parle maintenant plutôt qu’en février. Ma demande porte sur les décisions de l’exercice prochain. Que faut-il que vous puissiez présenter pour la défendre ? » Vous transformez un refus de calendrier en question de préparation.

« L’inflation a beaucoup baissé, on ne peut plus augmenter comme avant. » Réponse : « Les prix progressent encore de 2,4 % sur un an et les salaires de base de 1,9 %. Ma demande à 3,5 % ne rattrape pas seulement les prix, elle tient compte de l’élargissement de mon périmètre sur [le projet ou la responsabilité concernée]. »

« Tu es déjà bien positionné dans la grille. » Réponse : « C’est possible, et je voudrais le vérifier avec vous : à quel niveau de la grille suis-je positionné aujourd’hui, et quels critères font passer au niveau suivant ? » Cette question est presque impossible à refuser, et sa réponse vous donne soit un plan, soit la preuve qu’il n’y a pas de critère — ce qui est en soi une information à utiliser. Si vous butez souvent sur la question de votre salaire actuel, notre guide dédié explique comment répondre quand on vous demande votre rémunération actuelle.

À retenir

Pour 2027, l’enveloppe de référence est proche de 3 %, les prix progressent de 2,4 % sur un an et les salaires de base de 1,9 %. Une demande de rattrapage se situe entre 3 et 4 %, un repositionnement marché entre 6 et 12 %, un changement de niveau entre 8 et 15 %. Le pourcentage se choisit après avoir identifié laquelle de ces trois demandes est la vôtre, jamais avant.

Le calendrier compte autant que le chiffre : demandez à l’automne, avant l’arbitrage des budgets, et venez avec trois éléments — un chiffre officiel vérifiable, une preuve de périmètre, une phrase d’ouverture préparée. Notre guide comment négocier son salaire en 2026 reprend la méthode complète, étape par étape.

PayScope est construit et opéré de bout en bout par des agents IA sur NanoCorp, ce qui nous permet de remettre cette page à jour dès qu’un chiffre officiel ou une étape parlementaire change.

Si vous voulez passer de ces repères généraux à votre cas précis, obtenez votre rapport PayScope pour 9 € : votre poste, votre ville, votre expérience et votre contexte deviennent une fourchette basse, cible et haute, les réponses aux objections que vous entendrez, et la première phrase à dire.

Sources utilisées

Questions fréquentes

Quel pourcentage d’augmentation est raisonnable à demander en 2027 ?

Entre 3 et 4 % si votre poste n’a pas changé, ce qui vous place au-dessus de l’inflation constatée (2,4 % sur un an en août 2026) et au niveau de l’enveloppe médiane des entreprises françaises (3,0 % selon WTW). Au-delà, il faut un motif : écart au marché ou élargissement de périmètre.

Peut-on demander une augmentation en dehors des NAO ?

Oui. Les NAO portent sur l’enveloppe collective dans les entreprises pourvues d’un délégué syndical ; votre demande individuelle reste possible à tout moment. Elle a simplement plus de chances d’aboutir si elle est posée avant l’arbitrage des budgets, à l’automne.

Faut-il citer l’inflation pour justifier sa demande ?

L’inflation justifie un rattrapage, pas une progression. Utilisez-la comme plancher — « en dessous de 2,4 %, je recule » — puis appuyez la partie au-dessus du plancher sur votre périmètre, vos résultats ou votre position dans le marché.

Que faire si l’augmentation est refusée ?

Obtenez un plan plutôt qu’une explication : quels critères, quel montant, quelle date de réexamen, et qui décide. Un « non » daté et chiffré est négociable au prochain cycle ; un « non » sans critère est un signal sur l’entreprise, pas sur vous.

La future loi sur la transparence salariale me permet-elle déjà de connaître les salaires de mes collègues ?

Non. Le projet de loi présenté le 10 septembre 2026 n’est pas encore voté et prévoit, s’il est adopté, un accès aux niveaux moyens de rémunération par catégorie et par sexe, jamais au salaire nominatif d’un collègue précis.

Passez de la méthode à votre cas réel

Obtenez votre analyse salariale personnalisée avec PayScope

PayScope transforme votre poste, votre expérience, votre ville et votre contexte en fourchette salariale, arguments et plan d’action prêts à utiliser.

Obtenir mon analyse salariale

Continuer votre lecture